La pleine conscience, la pleine présence, l’ici et maintenant

Vivre l’instant présent – C’est maintenant, juste maintenant. Tout à l’heure, ce sera autre chose. Ce sera ni mieux ni moins bien ; ce sera juste différent. Alors c’est maintenant qu’il faut arrêter ses pas, sentir l’air froid qui pique l’intérieur du nez, écouter tous les bruits amortis, admirer cette incroyable lumière. Rester là aussi longtemps que possible, sans rien attendre de particulier, surtout pas, simplement ÊTRE ! Simplement rester là en faisant de son mieux pour percevoir les innombrables richesses de cet instant.
Ce que nous apprend la pleine conscience, c’est à ouvrir les yeux. Cet acte est important car il y a en permanence autour de nous des mondes que nous négligeons. Il s’agit d’un acte de conscience volontaire, il s’agit de décider d’ouvrir la porte de notre esprit à tout ce qui est là. Au lieu de nous réfugier dans l’une ou l’autre de nos citadelles intérieures : ruminations, réflexions, certitudes et anticipations.
Cet acte est un acte de libération. Libération de nos pensées sur le futur ou le passé : La pleine conscience nous ramène dans le présent. Libération de nos jugements de valeur : la pleine conscience nous ramène dans la présence. Notre esprit est encombré de tellement de choses ! Parfois importantes, parfois intéressantes. Et parfois complètement vaines et inutiles. Elles sont autant d’obstacles à la vision, autant d’obstacles à notre lien au monde. La philosophie de l’instant présent, ce n’est pas de dire qu’il est supérieur au passé ou au futur. Juste qu’il est plus fragile, que c’est lui qu’il faut protéger, lui qui disparait de notre conscience dès que nous sommes bousculés, affairés. C’est à lui qu’il faut donner de l’espace pour exister. Tout a démarré dans un instant présent. Nos automatismes de pensée sont aux antipodes de la pleine conscience. Celle-ci consiste à être parfaitement éveillé à tout ce qui surgit en soi et autour de soi, d’un instant à l’autre, à tout ce que nous voyons, entendons, ressentons ou pensons. A cela s’ajoute une compréhension de la nature de ce que nous percevons, libre des déformations que provoquent nos attirances et nos rejets. Le présent est la seule chose qui n'a pas de fin !...

 

Les principes de la pleine conscience
L’attention juste ou pleine conscience consiste à ramener son attention sur l'instant présent et à examiner les sensations qui se présentent à l'esprit, comment elles apparaissent, comment elles durent quelque temps, et comment elles disparaissent. Cette pratique permet de se rendre compte de façon directe si une sensation est quelquefois permanente ou bien toujours impermanente. Par la suite, le pratiquant va aussi examiner la matière, les perceptions, les habitudes mentales positives ou négatives, la conscience, comment toutes les choses apparaissent, comment elles durent et comment elles disparaissent. L'observateur reste neutre et silencieux (le "silence mental") en examinant l'apparition et la disparition des sensations agréables, neutres ou désagréables, sans juger, sans chercher à retenir la sensation agréable ou à rejeter la sensation désagréable. L'observateur fait l'apprentissage du détachement et il se libère progressivement de la matière, de la sensation, de la perception, des conditionnements mentaux, de la conscience.


Mindfulness

Les programmes mindfulness sont issus de la rencontre de deux univers en apparence complètement opposés: celui de la tradition philosophique orientale et des pratiques de méditation bouddhistes en particulier, celui de la recherche scientifique occidentale en psychologie, en particulier en neurosciences.
La mindfulness témoigne d’une redécouverte par la science de ressources culturelles ancestrales et illustre une rencontre créative entre la tradition et la modernité. C’est en cela un événement culturel majeur et révolutionnaire: science et tradition travaillent aujourd’hui main dans la main, la science étant capable de démontrer la pertinence et l’efficience de ces pratiques découvertes empiriquement et de leur redonner le crédit dont elles avaient besoin dans nos sociétés devenues si pragmatiques.

La mindfulness ou pleine conscience samma-sati en pali, samyag-smriti en sanscrit, peut se traduire par attention juste. Cela désigne la conscience vigilante par opposition à l’état de conscience en pilotage automatique, sans conscience comme lorsque nous conduisons, faisons la cuisine etc… Ce dernier est un état de conscience très développé, parfois très représenté chez certaines personnes comme celles anxieuses qui parlent pour combler le vide sans aucune conscience de ce qu’elles sont en train de dire.
La pleine conscience est un état de conscience naturel que nous pouvons apprendre à développer notamment par des exercices de méditation qui demandent de porter son attention intentionnellement au moment présent sans jugement sur l’expérience qui se déploie moment après moment comme l’a défini Jon Kabat-Zinn en 2003.

Une posture physique appropriée

Position en 7 points

1 - Les jambes : Elles sont croisées devant soi. Il n’est pas nécessaire de prendre la position du lotus qui ne convient pas à la morphologie de la plupart des Occidentaux. Les jambes ainsi croisées expriment l’unité de l’être, l’unité de la vie et de la mort comme du masculin et du féminin.
Si cette position ne vous convient pas, vous pouvez vous asseoir sur une chaise, les pieds posés par terre bien à plat. Le but est d’avoir une position stable et confortable. Si vous ressentez des douleurs dans les jambes ou dans les genoux, votre esprit ne restera pas tranquille. C’est pourquoi on concède de nombreuses possibilités pour ce premier point.


2 - Les mains : Elles reposent dans le giron, la main droite sur la main gauche, l’extrémité des pouces se touchant. On peut également poser les deux mains à plat, sur les genoux, les paumes vers le bas.


3 - Les épaules : Elles sont légèrement relevées et penchées vers l’avant. Laisser un léger espace entre les bras et le torse : « Position des ailes du vautour ».


4 – Le dos : Votre dos est ce qui est le plus important. Il doit être droit, détendu et légèrement vertical comme si les vertèbres étaient une pile de pièces de monnaie. Imaginez qu’une cordelette tire légèrement sur le sommet de votre crâne. Le bassin est légèrement basculé vers l’avant.


5 - Les yeux : Sont de préférence ouverts, ou plus exactement mi-clos, comme on le voit sur la plupart des représentations du Bouddha. Ils sont baissés vers le bas, le regard ainsi posé à environ un mètre cinquante devant soi est paisible. Il ne fixe rien. Il est simplement ouvert.
La question de savoir s’il faut pratiquer les yeux ouverts ou fermés suscite des débats. Ne vous focalisez cependant pas sur ce point et si vous préférez pratiquer les yeux fermés, faites-le. L’important dans la méditation est l’attention. C’est là et là seulement l’essentiel. Nous fermons nos yeux quand nous voulons dormir et les gens ont suffisamment de difficultés à rester alerte en méditation pour ne pas rendre l’exercice plus difficile. De manière plus profonde, l’attitude générale que nous cultivons en méditant ne consiste pas à entrer en nous-mêmes mais à être ouverts à ce qui est. Vous ne cherchez pas à vivre une expérience extatique, à rêver, mais à vous relier au monde tout entier. Enfin, en pratiquant les yeux fermés, nous entrons dans un état particulier et la transition avec la vie quotidienne est plus difficile.


6 - La bouche : Est légèrement entrouverte comme si vous alliez prononcer le son « Ah ». Vous évitez ainsi toutes les crispations au niveau des mâchoires. La pointe de la langue touche le haut du palais, derrière les dents supérieures, ce qui permet de réduire le flot de salive et, par conséquent, le besoin de déglutir.


7 – La tête : Votre cou doit être légèrement penché vers l’avant. Le poids de votre tête doit reposer uniquement sur votre cou, de façon à ne pas comprimer la trachée en le penchant trop en avant, ou les vertèbres cervicales en le penchant trop en arrière. Le menton s’incline légèrement vers la gorge.On peut modifier légèrement la posture du corps selon l’évolution de la méditation. Si l’on a tendance à sombrer dans la torpeur, voire le sommeil, on redressera le buste en adoptant une posture plus tonique, et l’on portera le regard vers le haut. Si, au contraire, l’esprit est trop agité, on se relâchera un peu et l’on dirigera le regard vers le bas.Comme la méditation est une pratique personnelle et comme chacun de nous est différent des autres, l’essentiel est de trouver pour soi même le juste milieu entre tension et relâchement.Il est important d’avoir des vêtements amples dans lesquels on se sent à l’aise et les pieds nus …

Quelques difficultés

La torpeur et l’apathie
A l’opposé même de l’agitation ou excitation se trouve la torpeur. Elle peut varier d’un état d’esprit dénué d’intérêt et apathique à un état proche de l’inconscience. Elle est reliée à une autre de nos habitudes : généralement, lorsque nous fermons les yeux et détendons notre esprit et notre corps, il est temps d’aller se coucher !
Tout d’abord, assurez-vous que votre dos est droit et que votre tête n’est pas trop penchée en avant. Ouvrez vos yeux à moitié et méditez le regard fixé sur le sol devant vous. Augmentez la luminosité dans la pièce devrait également vous aider à rester vigilant.
Si votre esprit est encore engourdi et somnolent après avoir essayé ces remèdes, il serait préférable de faire une pause – vous pouvez asperger votre visage d’eau froide, prendre l’air ou faire des étirements – ou d’arrêter entièrement la méditation et réessayer plus tard.

 

L’inconfort physique
Vos méditations se dérouleront facilement si votre corps est décontracté et à l’aise, mais il est souvent difficile de parvenir à cet état. Si le fait d’être assis provoque une gêne ou des douleurs dans les genoux ou au dos, par exemple, il n’y a pas de mal à changer de position pour en adopter une plus confortable.

Puisque la méditation est une activité de l’esprit et non pas du corps, il est plus important de garder l’esprit clair et à l’aise. Cependant, à certains moments, il est bon d’observer uniquement la douleur qui est une expérience consciente, une perception mentale, et d’essayer de dépasser la réaction habituelle de peur à son égard. Au lieu de lui attribuer la dénomination « douleur », voyez-la comme une sensation, essayez de l’accueillir …

 

Le bruit
Bien qu’il soit préférable de méditer dans un endroit tranquille, il n’est pas toujours possible d’en trouver un. En ville, nous entendons la circulation, les télévisions et la musique, les enfants qui jouent, les gens qui parlent … Mais même à la campagne ou en haut des montagnes, on entend des sons : celui des oiseaux et des animaux, du vent, d’un torrent ou d’une rivière … Il n’est pas réaliste de penser que nous pouvons trouver un endroit sans bruit pour méditer et c’est une erreur de penser que nous pouvons méditer seulement lorsqu’il n’y a pas de bruit ; il s’agit plutôt d’apprendre à y faire face.
Le problème n’est pas tant le bruit lui-même, mais plutôt comment notre esprit y réagit. Si le bruit est agréable, telle une musique que nous aimons, nous sommes attirés et disposés à y prêter attention davantage qu’à notre objet de méditation – c’est de l’attachement. Si le bruit est désagréable, nous ressentons de l’irritation ou de l’aversion. Dans les deux cas, nous sommes piégés par le bruit et il n’est pas facile de s’en distancier pour continuer la méditation. Notre esprit commence à faire des commentaires sur le bruit, sur sa nature, sur son origine … La meilleure façon de gérer cette situation est de reconnaitre ce qui se passe dans votre esprit et d’apprendre à être simplement conscient du bruit sans y réagir et sans faire de commentaires. Vous ne pouvez pas empêcher le monde de faire du bruit simplement parce que vous méditez.

Les problèmes courants – Le bavardage de notre esprit

L’agitation mentale, les distractions, les pensées

Parfois l’esprit est très agité et notre attention est continuellement détournée par d’autres choses. Cela peut inclure les objets extérieurs comme les sons, mais également les distractions telles que les souvenirs du passé, des fantasmes par rapport à l’avenir, ou les bavardages incessants sur ce qui se passe au présent.
De telles pensées sont souvent accompagnées d’émotions perturbatrices, comme l’attachement : (s’accrocher à des expériences agréables), la colère ou la haine (être obsédé par le comportement de quelqu’un qui nous a blessé ou irrité), la peur, le doute, la jalousie … En temps normal nous laissons l’esprit opérer de la sorte sans essayer de le contrôler, c’est devenu une habitude. Il n’est pas facile d’abandonner nos habitudes, mais nous devons reconnaitre que cette agitation mentale est à l’extrême opposée de la méditation.

Il faut prêter attention aux processus de pensée sans intervenir dans les pensées, sans appeler les pensées, sans cultiver les pensées, simplement les noter ou les étiqueter « pensées ».
Par ailleurs, vous constaterez que, dès que vous observez une pensée, celle-ci s’évanouit, une autre reviendra, soyez en sûrs !... Ces pensées sont comme des vagues sur l’océan, elles viennent puis disparaissent, puis reviennent et re-disparaissent …

Remarquez ses pensées sans s’y accrocher. En pratiquant, vous vous rendez sans doute compte que votre esprit ne reste pas présent, il vagabonde sans cesse.Le vagabondage de l’esprit - Telle est la première découverte que fait tout pratiquant. Cette expérience irrite, déçoit et décourage de nombreux pratiquants. Or ce n’est pas du tout un problème, mais le signe que vous commencez à pratiquer pour de bon. C’est uniquement parce que votre esprit est plus calme que vous voyez mieux le déchaînement des pensées. La pratique ne consiste pas à refuser les pensées qui surviennent, mais à les reconnaître, puis à revenir au présent.Vous pensez, sans l’avoir décidé, à quelque chose qui n’a rien à voir avec la situation : vous vous imaginez en train de passer un coup de téléphone, d’essayer de faire des crêpes… Comme il est difficile d’être simplement présent à ce qui est ! Aucune importance. Revenez juste à votre posture et à la respiration. Revenez à la réalité du moment présent.
Il y a de nombreuses méthodes pour contrecarrer l’agitation mentale. L’une d’elles est de se concentrer fermement sur le souffle et de laisser l’esprit devenir aussi calme et égal que le rythme naturel de votre respiration (Voir méditation sur le souffle). Chaque fois que votre attention s’égare, revenez au souffle.

À quoi est-on censé penser si la méditation ne consiste pas à faire le vide ?

Soyez simplement présent à ce qui survient, peu importe ce qui survient. Votre corps est là, la respiration est là, le silence est là... Ce n’est pas vide mais plein, vivant. Le philosophe Kierkegaard disait : « La vie et le monde tels que nous les connaissons sont gravement malades. Si j’étais médecin et que l’on me demandait mon avis sur les hommes, je répondrais : Du silence ! Prescrivez-leur du silence ! » Kierkegaard était visionnaire. Aujourd’hui l’idée de ne rien faire terrorise notre société qui promeut l’agitation plus que l’action juste. Cette situation cause de nombreux problèmes. Les gens ont l’impression d’être vivants seulement quand ils s’enivrent d’émotions fortes, par exemple en pratiquant des sports extrêmes, en regardant des films d’horreur ou chez les jeunes en s’adonnant au binge drinking… Et puis on comprend que, d’avoir ressenti tant d’émotions fortes, chacun veut faire le vide, de la même manière qu’il éteindrait la télévision ou l’aspirateur — c’est-à-dire comme on débranche un appareil ou l’on vide un dossier informatique — pour enfin trouver un peu de paix après tant de tensions. Mais notre être n’est pas une machine ! Nous n’avons pas à nous vider. On veut faire le vide parce qu’on n’a pas réussi à établir un rapport réel aux choses. Et saturé de l’agitation habituelle, on veut se couper de tout au point même de s’abrutir. La méditation n’a rien à voir avec cette réaction. Ni fuir dans l’excitation, ni s’anéantir dans le vide — mais être pleinement en rapport à tout ce qui est, enfin !...

Penser est la fonction naturelle de l’esprit. Il n’est pas davantage possible d’empêcher l’esprit d’avoir des pensées, des sentiments, des émotions ou des sensations que d’empêcher le soleil d’émettre de la chaleur. Penser à ne pas penser est déjà une pensée ! …Laisser l’esprit reposer dans son état naturel n’a rien à voir avec le fait de mettre un terme aux pensées. La méditation n’a absolument pas pour but de rendre l’esprit vide, car il est impossible de méditer sans pensées.
Il n’y a aucune pensée bonne ou mauvaise, il n’y a que des pensées. Pourtant, dès qu’un groupe de neurones bavards commence à lancer des signaux que nous traduisons par « pensées », un autre groupe se met à les juger. Au début, ce n’est pas facile, car la plupart d’entre nous avons l’habitude de penser que s’ils jugent une chose bonne ou mauvaise, elle l’est réellement. Mais lorsqu’on s’entraine à simplement observer les pensées aller et venir, ces distinctions perdent peu à peu de leur rigidité.

Ce que la méditation n'est pas

On reproche parfois aux pratiquants de la méditation d’être trop centrés sur eux-mêmes, de se complaire dans une certaine introspection égocentrique au lieu de s’occuper des autres. On ne peut pourtant pas traiter d’égoïste une démarche qui a pour but d’éradiquer l’obsession de soi et de cultiver l’altruisme.
Il existe de nombreux clichés concernant la méditation : Elle ne consiste ni à faire le vide dans son esprit en bloquant les pensées – ce qui est d’ailleurs impossible – ni à engager l’esprit dans des cogitations sans fin pour analyser le passé et anticiper l’avenir.

Elle ne se réduit pas non plus à un simple processus de relaxation dans lequel les conflits intérieurs sont momentanément suspendus dans un état de consciences indifférenciées…
La méditation n’est pas un moyen d’échapper à la réalité, aux réalités, de se replier sur soi même

Les conditions favorables à la pratique de la méditation

Un lieu propice à la méditation – Il est nécessaire, au début, de se ménager un certain nombre de conditions favorables.
Initialement il est indispensable d’entrainer son esprit dans un environnement propice. On n’apprend pas les rudiments de la navigation en pleine tempête, mais par beau temps, et sur mer calme. De même, au commencement, il est préférable de méditer dans un lieu tranquille pour donner à l’esprit une chance de devenir clair et stable. Il est préférable de réserver une pièce ou le coin d’une chambre spécialement pour vos sessions de méditation. Si le coeur vous en dit vous pouvez installer un autel et y disposer des statues ou des images qui vous inspirent, des bougies, de l’encens, des photos …

Il faut vous créer un lieu où vous vous sentez bien et en paix, sans peur d’être dérangé. Ce lieu devra être ni trop chaud, ni trop froid. Une température agréable permet également de se sentir bien et ne pas tomber dans la torpeur ou l’agitation.
Il est aussi possible de méditer en pleine nature ou en marchant …

Le coussin

Il semble évident au méditant expérimenté que la position joue un rôle primordial dans la pratique elle-même. Le débutant, lui, a plus de mal à percevoir l’importance de cette position. Il est pourtant nécessaire d’être bien assis si l’on veut bien méditer, et cela passe par le zafu, le coussin de méditation, qui doit être adapté à votre pratique et à votre personne.
Conçu spécialement pour la pratique de la méditation, le zafu remplit ce rôle de manière aussi simple qu’efficace en vous permettant de basculer le bassin vers l’avant, de vous ouvrir de manière naturelle, de vous tenir plus droit.
Tenez compte avant tout de votre morphologie. La largeur de votre zafu doit vous convenir, et vous êtes la seule personne à pouvoir la définir. Portez également attention à la hauteur du coussin. Une fois installé sur votre coussin, vos genoux doivent toucher le sol et vous devez être naturellement en position de méditation, sans effort à fournir pour basculer votre bassin qui doit être déjà bien orienté. Vous devez vous sentir à l’aise, et cela immédiatement. N’attendez pas que votre zafu se tasse, qu’il s’écrase, qu’il se fasse, vous n’avez aucune idée de la manière dont il se modifiera et s’il le fera. Prenez soin également de vous assurer que la dureté du matériau de rembourrage vous convient. Il en va ici comme il en va pour les matelas. Certains aiment les couches dures, extrêmement fermes, d’autres les préfèrent souples et moelleuses. N’allez pas contre votre nature, il serait dommage d’être distrait parce que vous avez l’impression de vous enfoncer dans votre zafu ou, au contraire, parce qu’il vous semble plus dur encore que le sol. Il n’y a donc qu’une méthode pour bien choisir son zafu : l’essayer. Personne ne pourra choisir pour vous, aussi expérimenté que soit la personne à qui vous le demanderez.

Vous vous rendrez rapidement compte que les conseils d’un méditant à l’autre peuvent varier dans de grandes proportions, partir dans des directions totalement opposées… comme c’est le cas pour le ressenti durant la pratique. Pourquoi mettre votre bien-être de méditant entre les mains d’une tierce personne. Vous avez la possibilité de choisir en n’accordant attention qu’à vos attentes, profitez-en.

Le banc de méditation

Les bancs de méditation sont initialement fait pour permettre aux pratiquants de réaliser des séances de méditation confortables en « position de diamant ». Le bois des bancs ainsi que la finition est généralement très soignée ce qui en fait un très bel objet.
Sur un banc il faut s'asseoir légèrement en avant, sinon le bassin se creuse, les lombaires se voûtent vers l'arrière et le dos ne se redresse pas. La conception du banc oblige à une position logiquement vers l’avant car l’inclinaison des pieds et du plateau d’assise, pousse le Yogi naturellement dans la bonne position. En relevant le fessier, le banc permet une meilleure verticalité de la colonne vertébrale en limitant l’effort physique musculaire, éliminant de ce fait la fatigue qui pourrait survenir. Suivant les modèles les pieds sont placés à l’intérieur ou à l’extérieur des pieds du banc.

Observer les choses sans les commenter

Cela ne vient pas naturellement ; ce n’est pas non plus quelque chose que nous avons été encouragés à cultiver. Tout ce qui s’élève dans l’esprit, tout ce dont nous faisons l’expérience, est toujours accompagné d’un commentaire, d’un jugement ou d’un bavardage intérieur ; c’est toujours ce que nous pensons qu’elle est, ce que nous voudrions qu’elle soit, mais jamais une expérience qui est, tout simplement.

 

La colère

Disons que votre problème est la colère ; vous avez un tempérament colérique, vous vous mettez constamment en colère. Même quand vous n’êtes pas en colère, vous n’êtes pas tranquille parce que vous avez cette idée que quelque chose (ma colère) est là à attendre et qu’elle va surgir d’un moment à l’autre, ce qui n’est pas vrai. Cela n’est pas quelque chose que l’on peut connaître simplement par la réflexion intellectuelle. C’est la discipline de la pleine conscience, de l’application de l’attention qui nous donne la possibilité de voir cette vérité.

Dans les commentaires, nous lisons par exemple que l’antidote à la colère est la compassion, l’amour bienveillant et la patience ; que l’antidote à  l’attachement est l’impermanence, etc. Mais il s’agit là d’antidotes à appliquer quand cet état mental particulier n’est pas présent, ils jouent un rôle de prévention, parce que deux états mentaux ne peuvent pas coexister, on ne peut pas être en colère et patient ou plein de compassion au même moment. Si l’on a de l’amour bienveillant dans son esprit, alors il n’y a pas de place pour la colère. Si l’on est heureux, il est difficile d’être en colère.

Donc, ce sont des antidotes que l’on applique quand l’état mental particulier n’est pas présent. Quand l’esprit est neutre, nous créons des états mentaux salutaires qui préviennent l’apparition d’états malsains. Mais ici, dans la pratique de la vue supérieure, le problème qui nous occupe est celui d’une perturbation mentale déjà présente. Quand une perturbation telle que la colère par exemple est déjà présente, faire naître l’amour peut être très difficile. Si la colère s’élève en premier, l’amour n’a plus qu’à attendre !

 

Le hic, c’est qu’en un tel moment, quand la colère est déjà là, il est trop tard, nous ne pouvons pas faire naître la compassion quand nous sommes en colère. Quand la perturbation est déjà là, l’antidote c’est l’attention, la pleine conscience. Mais nous ne sommes pas en train de dire que la pleine conscience seule a le pouvoir d’éliminer ou d’enlever la colère, car la question n’est pas d’éliminer ou d’enlever. Nous essayons simplement de faire cesser l’accroissement et l’aggravation de l’état mental négatif. C’est la meilleure chose que nous puissions faire quand nous sommes confrontés à une perturbation active : stopper l’aggravation. Quand l’aggravation est stoppée, la réduction commence. Donc, quand un certain état mental est présent, vous êtes attentif, vous restez assis avec lui, vous le «laissez tel qu’il est », vous arrêtez de le suivre.

Les pensées

Prenez les pensées par exemple. Elles ne font que s’élever et passer, apparaître et disparaître. Mais normalement nous pensons, ou ressentons : «Il y a tant de pensées dans mon esprit ! Je suis envahi par les pensées, mon esprit est si encombré ! » Comme si l’esprit était un réceptacle avec plein de pensées à l’intérieur. Comme si on pouvait les compter ; comme s’il y en avait une certaine quantité : Un entrepôt où toutes ces pensées seraient conservées. Si c’était le cas, alors nous pourrions «aller y piocher».

 

Métaphore des vagues

Mais, quand le vent a cessé et que les vagues se retirent, où vont les vagues ? Où sombrent-elles ? Vont – elles vraiment quelque part ? Est-ce qu’il y a un lieu au fond de l’océan où sont conservées les vagues pour qu’elles puissent surgir plus tard, ou se retirent-elles tout simplement en se mélangeant à l’eau de sorte qu’elles finissent par se confondre avec l’eau ? Il n’y a pas de flux et de reflux réels des vagues. Elles ne sont qu’un phénomène occasionnel, il n’y pas d’endroit réel où les trouver. La même chose est applicable à nos pensées. Le soi -disant passé (d’un point de vue bouddhiste) est une réalité produite en dépendance que nous connaissons par le biais d’associations, et non parce que nous y entrons et allons y piocher, comme si l’on déterrait les os d’un dinosaure, ou un trésor perdu. Comme dans le cas d’un océan qui est parfaitement calme et sans la moindre vague... L’esprit totalement calme et libre de toute pensée est exactement comme cet océan. Quand les vagues s’élèvent, comme les vagues de l’océan, cela peut être terrifiant (même si elles n’ont pas d’existence par elles-mêmes).

 

De même avec l’esprit, bien qu’elles n’existent pas par elles-mêmes, les pensées et les émotions peuvent être vraiment terrifiantes. Quel est le confort, ou le bienfait, obtenu par cette compréhension ? Pour la personne intelligente, le bienfait est grand parce que nous avons cette idée que les émotions sont là quelque part, mêmes quand elles ne sont pas activement présentes.

Etiqueter

Ce qui aide pour cela, c’est le fait d’étiqueter. Quand, au cours de la session, vous voyez que vous êtes distrait, apposez mentalement l’étiquette : «penser, penser». Si la distraction est en rapport avec le fait de parler, vous étiquetez (mentalement) : «parler, parler, parler», ou «divaguer, divaguer, divaguer». Quelle que soit la distraction, vous l’étiquetez ; et vous verrez qu’au moment où vous le faites, l’histoire s’effondre. L’étiquetage aide à interrompre le flot des distractions. Si tout à coup vous découvrez que vous êtes en train de penser à la maison et la famille, (mentalement) étiquetez : «maison, maison», «famille, famille». Puis, regardez ce qui se passe ; est -ce que «l’histoire » continue ou s’est-elle arrêtée ? Il est également vrai que plus vous vous efforcez de ne pas vous laisser prendre, plus vous réalisez à quel point vous le faites ! Normalement, quand cela se produit, le méditant se décourage.

La respiration

Nous commençons avec la respiration, un objet tangible, facile, concret et solide ; un objet de focalisation facile. La respiration est un phénomène qui change, elle n’est jamais la même, elle n’est pas uniforme : elle est longue, courte, rapide, lente, etc. La respiration longue par exemple est associée à un esprit confortable. Quand nous paniquons, nous prenons une longue respiration et cela nous calme. Quand nous faisons l’expérience de la peur, de la colère, ou de tout autre émotion forte, nous prenons une longue respiration et cela nous calme, n’est-ce pas ? Cela donne à notre esprit du confort, de la détente. Les respirations courtes et rapides, par exemple, sont associées à la tension, l’agitation, la peur et les soucis. Aussi, quand nous regardons la respiration, nous pouvons prendre conscience de la situation générale de l’esprit. Dans la pratique de la vue supérieure, vous laissez faire la respiration, la laissant telle quelle, dans le but d’apprendre à laisser l’esprit tel quel.En calmant la respiration, on calme l’esprit. Tandis que la respiration s’ajuste, l’esprit suit. D’abord, on est attentif à la sensation de l’abdomen qui se soulève et s’affaisse. Puis, avec le renforcement de la concentration, on observe la longueur de la respiration : les inspires et expires longs et courts. Puis, tandis que la concentration s’approfondit et que la pleine conscience devient encore plus forte, on observe le commencement, le milieu et la fin de chaque respiration, qu’elle soit longue ou courte.

Quelques recommandations générales

Il est essentiel de maintenir la continuité de la méditation, jour après jour, car c’est ainsi que celle-ci prendra peu à peu de l’ampleur et gagnera en stabilité. Il vaut mieux méditer régulièrement et de façon répétée pendant de courtes périodes de temps que d’effectuer de longues séances. Nous pouvons, par exemple, consacrée vingt minutes chaque jour, à la méditation et profiter des pauses dans nos activités pour raviver, ne serait-ce que quelques minutes, l’expérience que nous aurons acquise durant notre pratique formelle.
Si nous méditons de façon trop discontinue, pendant les intervalles sans méditation nous reviendrons à nos vieilles habitudes et retomberons sous l’emprise des émotions négatives. Que notre séance soit plaisante ou ennuyeuse, facile ou difficile, l’important est de persévérer. C’est d’ailleurs lorsqu’on ne se sent pas très enclin à méditer que la pratique est généralement la plus profitable. Peu importe que le chemin soit long, il ne sert à rien de se fixer une date limite, l’essentiel étant de savoir que l’on va dans la bonne direction. Chaque pas, chaque étape, apporte son lot de satisfaction et contribue à l’épanouissement intérieur. C’est un exercice très simple qui consiste à rester dans l’état naturel de l’esprit et à ETRE simplement et clairement conscient de toutes les pensées, les sensations et les émotions qui surgissent. On ne peut pas « rater » sa méditation.

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